Communiqué du Conseil syndical départemental de la C.G.T Educ'action de Haute-Loire

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Communiqué du Conseil syndical départemental de la C.G.T Educ'action de Haute-Loire

Communiqué du Conseil syndical départemental de la
C.G.T Educ'action de Haute-Loire


On ne sait pas toujours donner forme à une révolte mais la révolte, elle, s’autorise parfois toute seule à prendre forme.

Alors que les attaques se multiplient sur les travailleurs et les plus modestes, que certaines organisations vont de tergiversations en divisions, le gouvernement, issu de la bourgeoisie et le patronat accomplissent de leur côté l’unité de ce triptyque réactionnaire sous la houlette d’un Président bien décidé à prendre la tête de cette guerre de classes. La violence de l’assaut est à la hauteur des enjeux alors que le temps semble venu, pour certains, de liquider l’ensemble des conquêtes sociales acquises de haute lutte par les ouvrières et les ouvriers eux-mêmes. La main mise sur nos vies du monde de l’Argent passe alors inévitablement par la liquidation de l’héritage politique du Conseil National de la Résistance de 1945, par la mise sous tutelle de notre Sécurité Sociale, par la destruction de notre Code du Travail et de notre système de retraites, par la remise en cause de la libre pratique syndicale et la reprise en main de notre Ecole. De l’acharnement sur les grévistes aux condamnations judiciaires des syndicalistes français en passant par la destruction programmée de nos services publics communs toutes ces attaques exécutent en plein jour un programme global qui forme un tout et ne saurait être dissocié en plusieurs charges indépendantes les unes des autres. Le Capital lui est uni pour faire valoir ses intérêts alors que la force de notre nombre est trop souvent annulée par notre désunion.

C’est le sens de notre engagement dans la C.G.T, première centrale ouvrière dans l’Histoire et par le nombre, et au sein d’une véritable Coordination de lutte départementale qui entend dépasser les contradictions d’organisations pour mener une véritable convergence des luttes.

L’expérience quotidienne de notre syndicalisme de classe et de masse héritée de la Charte d’Amiens, et la pratique de l’unité d’action, sont ainsi les outils indispensables à l’émancipation des travailleuses et des travailleurs de l’Education et à la défense de notre enseignement public. Rien ne saurait participer à la sauvegarde de notre Ecole qui ne soit pas relié avec les problématiques générales de toute la société. Notre vision d’un monde plus juste et plus équitable nous pousse ainsi inévitablement à nous battre pour une Ecole publique, laïque et émancipatrice. Défendre un Code du Travail unique et renforcé, au profit d’accords locaux d’entreprises « low-cost », c’est défendre aussi un cadre national et égalitaire pour nos diplômes et examens. Défendre le maintien des services publics de proximité c’est défendre aussi l’existence d’établissements à taille humaine qui ne soient pas des « usines scolaires ». Défendre la condition ouvrière dans les entreprises, c’est défendre aussi une formation professionnelle de qualité pour nos élèves, libérée de toute emprise patronale. Défendre dans la rue l’unité des travailleurs c’est défendre aussi l’unité des travailleurs de l’éducation à l’heure où l’on cherche à sacrifier des pans entiers de notre « Education Nationale » sur l’autel de la marchandisation. Défendre enfin une vision égalitaire de la société entre toutes et entre tous, femmes et hommes, de tous âges et de toutes origines, c’est aussi défendre une école où chacune et chacun trouve sa place sans aucune discrimination.

Nos établissements ne sont pas des îlots protégés, vivant en vase clos. Les attaques perpétrées contre notre pratique de l’éducation rejoignent les attaques contre le monde du travail. Une défense cloisonnée de notre pratique éducative est ainsi vouée à l’échec face au rouleau compresseur qui détruit le modèle social français et les services publics. Réforme du lycée, fin actée de l’éducation prioritaire, déstructuration des filières professionnelles, vaste recours aux contractuels, perte de l’attractivité du métier chez les jeunes étudiants, remise en cause du statut des fonctionnaires… c’est le socle de notre métier qui se fissure de tout côté, laissant s’infiltrer la doxa libérale. Cette première rentrée du quinquennat accentue ainsi un peu plus le fossé entre la vision managériale du ministère et de ses énarques et celle des personnels des 1er et 2nd degrés mobilisés chaque jour pour la réussite de nos élèves.

Notre lutte est plus que jamais une lutte unitaire car la logique que nous combattons est unie autour de ses objectifs réactionnaires.                    
Notre lutte est plus que jamais une lutte de classe, dans la rue et dans nos classes, face à la finance et au capitalisme qui précarisent nos vies et celles de nos élèves.
Notre lutte est plus que jamais une lutte syndicale où, face au musèlement de l’action parlementaire, l’action syndicale demeure un véritable rempart contre la résignation et la désespérance sociale.

Dans une société où l'idéologie dominante prétend trop souvent qu'il vaut mieux s'adapter au monde plutôt que d'essayer de le changer, n’oublions jamais que ceux qui vivent réellement ce sont ceux qui luttent

Publié dans SDEN43

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